Visite de premier contact à l’Abri du kronprinz ISMH

Le solivage métallique des chambres de l’étage ; on note les planches de bois
en entrevous qui ont pu servir de coffrage au béton de couvrement de grande épaisseur.
OISE - NAMPCEL - ABRI DU KRONPRINZ - CR1
Présents :
- Mme La Maire (Mme Defrance)
- Mr Lyzik, Président de l’APRAK ;
- Mr Henri (Président honoraire) ;
- Mme Colette Brebion ;
- Mr Pierrot ; Maire de Caisne ;
- M. Delcellier Maire adjoint à l’Urbanisme à Trosly-Breuil
- Benoit Ruë, architecte.
Mr Delcellier nous a présentés devant Mme La Maire et les membres présents de l’Abrak.
L’association et la Mairie souhaitent le concours d’un architecte du Patrimoine pour s’occuper des études et des travaux de restauration que tous voudraient voir être mis en œuvre.
1. Le bâtiment de trente mètres de long, en adossement contre les terres, est resté près de 100 ans sous un couvert végétal ; en 2010, la commune devient propriétaire du terrain, et une équipe de bénévoles se constitue en association. La plus grande partie des espaces bâtis sont alors dégagés et une toiture provisoire est posée en 2012.
Les eaux de ruissellement avaient eu raison de l’acrotère et des assises saillantes de corniche, endommageant grandement la façade en partie haute.
Le bâtiment contient deux niveaux de pièces éclairées en façade et distribuées par un corridor arrière. Les parois sont très épaisses, mais un équilibre se fait entre les pleins et les vides, la lumière jouant dans les décrochements en profondeur, elle est présente aussi dans les extrémités des corridors. Un sentiment d’échelle est sensible dans les proportions des salles pourtant de dimensions restreintes.
Trois avant-corps se détachent de ce bâtiment longiligne, ceints chacun de corniches en doucine, quasiment toutes disparues ; en arrière-plan des doubles bandeaux formant encorbellement structurent le mur horizontalement, ils manquent désormais, pour la plupart. Une discrète fausse symétrie s’y remarque de façon intéressante, compte aussi le rayonnement de la pierre calcaire blanche. On peut attendre beaucoup d’une restauration de cette façade avec la restitution des corniches et des acrotères principalement ; mais aussi des nombreuses petites cheminées émergeant discrètement du toit terrasse. Les descente d’eau pluviales seraient à retrouver.
Des fissures importantes se voient dans les avant-corps des extrémités, au Nord-ouest et au Sud-est.
L’épaisseur considérable du toit terrasse est peut-être en cause. Des ancres provisoires interrogent le visiteur.
Une importante étude structurelle est à envisager quand on voit la corrosion des rails métalliques qui constituent le solivage (notre photo) sous les lourdes masses de béton. Les planches de bois garnissent les entrevous, qui ont peut-être servi de coffrage.
N’a pas été évoquée la présence de la « cuisine d’été » pavillon carré en charpente de bois, assez bien documenté par plusieurs photos, avec façade avenante ; il est adossé au flanc est, et il contraste avec la rigueur du bâtiment long en pierre à l’allure d’une falaise moulurée. Il accueille le visiteur qui vient de parcourir avec émotion cette casemate en pierre massive, que pourtant des lambris de bois type de chalet de montagne devaient adoucir.
2. Un retour sur place, éventuellement ce samedi 7, serait nécessaire pour préparer un devis de relevé, exécutable d’ici à mai, permettant d’approcher la phase de diagnostic. (Juin-juillet 23).
PS : Mr. Lysik nous informe que ces souches de cheminées étaient en brique, avec semble-t-il des couvertures pierre ( BR) ; et qu’elles furent l’objet de pillage pendant la guerre de 40.
Benoit RUË, Architecte, le 3 jan. 2023.

